Villette : 5,68 millions de francs pour sécuriser le mur historique et réaménager la route

Lors de sa séance du 3 novembre 2026, le Conseil municipal de Thônex a accepté un crédit global de 5,68 millions de francs pour la consolidation du mur de soutènement de Villette, le réaménagement de la chaussée et les opérations foncières nécessaires. 

Un projet d'envergure qui répond à des enjeux de sécurité, de préservation du patrimoine et d'amélioration de l'espace public.

Un mur historique dont la stabilité inquiète depuis plusieurs années

Situé le long de la route de Villette, le mur de soutènement en pierre présente depuis de nombreuses années des signes importants de déformation.

Des contrôles effectués depuis 2006 ont mis en évidence des mouvements progressifs du mur, accompagnés de fissures et d'affaissements de la chaussée. Certaines déformations dépassent aujourd'hui une dizaine de centimètres.

Les analyses réalisées montrent que ces mouvements se poursuivent sans signe de stabilisation, faisant craindre, à terme, un risque d'effondrement.

La partie instable s'étend sur environ 100 mètres depuis le croisement du chemin du Château-Blanc en direction de l'est. Les travaux de consolidation concerneront toutefois une longueur d'environ 120 mètres.

La consolidation de cet ouvrage constitue donc une nécessité pour garantir la sécurité des usagers de la route de Villette.

 

Préserver le patrimoine tout en garantissant la sécurité

Le mur fait partie du patrimoine historique de Villette et figure dans le périmètre du plan de site protégé adopté par le Conseil d'État en 2005.

Le projet prévoit une intervention sur environ 120 mètres, avec la réalisation d'une nouvelle structure de soutènement en béton armé.

Afin de préserver le caractère historique du site, les pierres de l'ancien mur seront récupérées puis reposées individuellement sur le nouvel ouvrage.

Cette solution permettra de concilier les exigences de sécurité avec la préservation de l'identité architecturale de Villette.

 

Des opérations foncières nécessaires à la réalisation du projet

La consolidation du mur s'accompagne également d'opérations foncières destinées à permettre la réalisation des travaux et à assurer une gestion cohérente des espaces concernés.

La parcelle 5174 : une donation à la commune

D'une superficie de 37'260 m², la parcelle 5174, sur laquelle se trouve le mur de soutènement, appartenait auparavant à 24 copropriétaires privés.

Compte tenu de l'importance des travaux nécessaires, des coûts qui auraient dû être supportés par les propriétaires et des restrictions de construction liées au statut du terrain, des discussions avaient été engagées depuis plusieurs années avec la commune.

Ces démarches ont finalement abouti à une donation de la parcelle à la Ville de Thônex, qui en est désormais l'unique propriétaire.

Située en zone agricole et soumise aux dispositions du plan de site de Villette, cette parcelle présente un intérêt particulier pour la préservation du patrimoine et du paysage.

Les parcelles 5179 et 5178 : des acquisitions envisagées auprès du canton

Le projet prévoit également l'acquisition de la parcelle 5179 et d'une partie de la parcelle 5178, actuellement propriétés de l'État de Genève.

Ces acquisitions doivent notamment permettre d'intégrer les terrains concernés au domaine public communal et d'assurer une liaison avec l'avenue de Thônex.

Les discussions avec les services cantonaux sont toujours en cours.

Selon les propositions figurant dans le dossier, la parcelle 5179 pourrait être acquise pour un montant de 270 francs, tandis qu'une portion d'environ 528 m² de la parcelle 5178 serait achetée au prix de 5 francs par mètre carré, soit environ 2'640 francs.

Ces montants et surfaces restent soumis à la validation définitive des autorités cantonales.

Ces différentes opérations foncières font partie intégrante du projet global soumis au Conseil municipal.

 

Une route repensée pour les habitants

Au-delà de la consolidation du mur, le projet prévoit également un réaménagement de la route de Villette.

L'objectif est de transformer cet espace en une zone de rencontre, avec un environnement davantage végétalisé et des cheminements plus agréables pour les piétons.

Le projet comprend notamment une augmentation des surfaces végétalisées, la plantation d'arbres et d'arbustes, l'installation de bancs et d'une fontaine à eau, ainsi que des aménagements destinés aux familles et aux enfants.

Le renouvellement de l'éclairage public est également prévu.

Ces interventions visent à améliorer la qualité de l'espace public tout en valorisant le paysage environnant et les perspectives sur le Salève.

 

Un investissement global de 5,68 millions de francs

Le Conseil municipal a accepté un crédit de réalisation de 5'680'000 francs TTC, destiné à financer l'ensemble de l'opération présentée.

Ce montant englobe notamment les travaux de consolidation du mur historique, le réaménagement de la chaussée et des espaces publics, les aménagements paysagers, le renouvellement de l'éclairage ainsi que les interventions sur les réseaux prévues dans le projet.

Il comprend également les honoraires des différents spécialistes, les frais techniques et une réserve pour les imprévus. Les acquisitions foncières nécessaires sont également prévues dans la délibération.

La commune entend par ailleurs solliciter des subventions cantonales et fédérales pour contribuer au financement de la restauration de cet ouvrage historique. Leur montant n'est toutefois pas encore connu.

Le projet s'inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs années, avec différents crédits d'étude votés en 2013, 2018 et 2025, pour un montant cumulé de 294'000 francs.

 

Des travaux coordonnés avec les infrastructures souterraines

Les travaux de consolidation devront également tenir compte de plusieurs infrastructures situées dans le secteur.

Les Services industriels de Genève (SIG) ont notamment signalé la vétusté d'une conduite d'alimentation en eau située à proximité du mur, dont le renouvellement devient nécessaire.

Des interventions sur les collecteurs communaux du secteur de Villette sont également envisagées.

Ces différents travaux devront être coordonnés afin de limiter les interventions successives et de rationaliser les opérations.

Les interventions sur les réseaux comprises dans le projet sont intégrées au crédit global. En revanche, certains travaux complémentaires sur les collecteurs au cœur de Villette relèvent d'un financement distinct et pourraient nécessiter une demande de crédit supplémentaire.

La consolidation du mur reste toutefois prioritaire, compte tenu des risques identifiés.

 

Des travaux envisagés entre 2027 et 2028

Selon le calendrier prévisionnel présenté par le Conseil administratif, les travaux devraient débuter durant l'été 2027.

La consolidation du mur et le réaménagement de la route devraient durer environ neuf mois.

D'autres interventions sur les infrastructures souterraines du secteur sont également prévues, notamment sur les collecteurs communaux, pour une durée estimée à quatre mois.

La fin globale des travaux est envisagée pour la fin de l'été 2028, sous réserve des autorisations et du déroulement des différentes étapes du projet.

Des perturbations des cheminements et des accès sont donc à prévoir durant cette période. Leurs modalités précises devront être communiquées avant le début du chantier.

 

Une décision largement soutenue

Après examen du projet par les commissions concernées, le Conseil municipal a accepté le crédit lors de sa séance du 3 novembre 2026.

Résultat du vote : 23 oui, 1 abstention.

Cette décision permet de franchir une étape importante dans la sécurisation d'un ouvrage historique et la requalification de la route de Villette.

Au-delà des travaux de consolidation indispensables, le projet représente également une occasion d'améliorer durablement cet espace pour les habitants et les usagers du secteur.


Source : Ville de Thônex – Exposé des motifs DA 26_039, travaux de consolidation du mur de soutènement de Villette, réaménagement de la chaussée et opérations foncières.
Calendrier indicatif susceptible d'évoluer en fonction des procédures administratives et des contraintes techniques.